Il faut cultiver notre jardin

Il faut cultiver notre jardin


Boutures, bocaux, eau

Dimensions variables, 2020


Oeuvre réalisée en 2020 dans le cadre d'un séjour Lot-et-Garonne (France) à l'invitation de l'association POLLEN / artistes en résidence à Monflanquin


Au départ, une pensée critique sur l'usage des plantes dans le milieu de l'art contemporain. Un usage récurrent, tendance actuelle de l'intégration dans l'espace d'exposition d'un objet domestique vivant.

Au départ, une discussion qui interroge cette démarche. Comment opérer le déplacement de la plante vers une pensée conceptuelle qui justifierait son intégration dans l'espace d'exposition ?

Au départ, lié à cette pensée discutée, mon déplacement imminent en résidence à Pollen, Monflanquin, pour une durée de trois mois. Chez moi, à Marseille, j'observais une de mes plantes d'intérieur qui s'écoulait en cascade et qui ne demandait qu'à s'accrocher, à s'enraciner davantage. Cette même plante avait été “créée”, si on peut dire, à partir d'une bouture.

J'allais moi-même être déterritorialisée et je souhaitais emporter un morceau de cette plante qui allait s'enraciner ailleurs. Elle allait s’accroître et développer son réseau de racines loin de son plan mère.

Arrivée à Monflanquin, sur mon lieu de résidence, je découvre un village dont les rues sont jonchées de plantes. Les jours de beau temps, les habitants entretiennent leurs petites collections de plantes devant le pas de leur porte. Ce qui permet au village d'être verdoyant, labellisé “plus beau village de France”.

Arrivée à Monflanquin avec ma bouture marseillaise, je voulais augmenter cette collection de plantes. Exprimer leur diversité par leur différence, et puis surtout, à partir de boutures, en créer des plantes à part entière, qui pourraient elles-mêmes être bouturées par la suite.

J'ai ainsi demandé aux habitants s'ils voulaient bien me donner des boutures de leurs plantes. En échange, je leur offrais un de mes dessins de la série “Grises mines, destinations connues mais non communiquées”. Un morceau de ciel contre un morceau de terre.

Le titre choisi renvoie à la dernière phrase prononcée par Candide dans le conte philosophique éponyme de Voltaire, “Il faut cultiver notre jardin”, qui correspond à l'idée de l'entretien d'un jardin commun.



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